Deux ans après le droit à la déconnexion : la charge de travail dans sept entreprises sur dix a encore augmenté par rapport à l’année dernière
Un quart des Belges actifs estiment qu’ils courent au burn out
Bruxelles, le 4 avril 2025 – Deux ans après l’introduction du « droit à la déconnexion », les travailleurs attribuent à leur propre équilibre vie privée-vie professionnelle une bonne note moyenne de 7,3 sur 10. Pourtant, six travailleurs sur dix (59 %) déclarent que la charge de travail a augmenté (significativement) l’année dernière. Sept entreprises sur dix (68 %) reconnaissent également cette charge accrue sur le lieu de travail. Tant les employeurs que les travailleurs identifient la pénurie aiguë de personnel comme la principale cause de stress au travail. C’est ce qu’il ressort de l’enquête menée par l’expert RH Acerta Consult auprès de plus de 2000 travailleurs et 500 entreprises dans notre pays. Cette hausse de la charge de travail pèse aussi sur le bien-être mental des travailleurs : un quart d’entre eux (24,1 %) se sentent actuellement au bord du burn out.
Qu’en est-il de la charge de travail et de l’équilibre vie privée-vie professionnelle des travailleurs de notre pays, pile deux ans après l’introduction du droit à la déconnexion ? Une nouvelle étude menée par Acerta Consult révèle que le Belge actif se montre plutôt positif quant à l’équilibre entre le travail et la vie privée. Les travailleurs attribuent en moyenne la note de 7,3 sur 10 à leur équilibre vie privée-vie professionnelle. C’est une bonne nouvelle, mais nous ne pouvons pas pour autant en conclure que le droit à la déconnexion a réduit la charge de travail, au contraire. L’étude montre que près de la moitié (48,1 %) des travailleurs du secteur privé considèrent la charge de travail comme (beaucoup) trop élevée aujourd’hui. Près de six personnes sur dix (58,7 %) affirment que cette charge a même augmenté par rapport à l’année dernière. Les employeurs se montrent encore plus critiques : 57,6 % estiment que la charge de travail dans leur organisation est (beaucoup) trop élevée et 67,9 % pensent qu’elle a (fortement) augmenté en un an.

Illustration 1 : évaluation et évolution de la charge de travail par les employeurs et les travailleurs – Enquête miroir Acerta-Indiville, décembre 2024-janvier 2025
Anne-Sophie Bialas, experte en bien-être chez Acerta Consult : « À première vue, il peut être surprenant que les employeurs soient plus critiques à l’égard de la charge de travail que les travailleurs. Par exemple, ils placent déjà la charge de travail en deuxième position dans la liste des principales raisons pour lesquelles les travailleurs quittent leur entreprise, alors que les travailleurs ne citent la charge de travail qu’en sixième raison pour laquelle ils quitteraient leur employeur actuel. Cependant, il n’est pas surprenant que les employeurs se tournent davantage vers l’avenir et perçoivent tous les changements imminents sur le lieu de travail, notamment en raison de la progression de l’IA et de la pénurie persistante de main-d’œuvre. Le fait qu’ils soient particulièrement vigilants est une bonne nouvelle en soi, car seuls les employeurs conscients des défis peuvent s’en prémunir. Nos chiffres montrent également que les entreprises doivent accorder une attention particulière au bien-être mental et à la charge de travail des jeunes. Ce sont surtout les jeunes entre 18 et 35 ans qui attribuent une note nettement inférieure à l’équilibre vie privée-vie professionnelle. Aujourd’hui, une personne sur trois âgée de 20 à 30 ans accorde une note de 6 sur 10 ou moins à l’équilibre entre vie professionnelle et vie privée. »
La pénurie de main-d’œuvre persistante est la cause principale de la charge de travail et du burn out
Employeurs et travailleurs sont assez unanimes aussi sur les causes de la hausse de la charge de travail. Les principales raisons sont la pénurie de main-d’œuvre (manque de personnel) et l’augmentation des tâches et des responsabilités sur le lieu de travail. La charge de travail accrue accroît également le risque de burn out chez les travailleurs : pas moins d’un travailleur sur quatre (24,1 %) a pour l’instant l’impression d’atteindre ses limites et d’être proche du burn out.

Illustration 2 : évaluation des causes de la charge de travail par les employeurs et les travailleurs – Enquête miroir Acerta-Indiville, décembre 2024-janvier 2025
Le bien-être gagne en importance
La pénurie sur le marché du travail reste pressante, et cela ne fait qu’augmenter l’importance du bien-être au travail. En effet, lorsqu’il est difficile de trouver du personnel, il est essentiel que les travailleurs présents se sentent bien dans leur travail et auprès de leur employeur. En ce qui concerne la politique en matière de bien-être dans nos entreprises, l’évaluation des travailleurs et des employeurs est légèrement moins similaire : les travailleurs attribuent une note de 6,7 sur 10 à la politique actuelle de bien-être dans l’organisation où ils travaillent. Les employeurs, eux, accordent un 7,1 sur 10 à cette politique.

Illustration 3 : évaluation du bien-être par les travailleurs – Enquête miroir Acerta-Indiville, décembre 2024-janvier 2025
Anne-Sophie Bialas poursuit : « Les employeurs, les travailleurs et les pouvoirs publics ont conscience de l’importance d’une politique de bien-être efficace. C’est ce qui ressort de notre enquête et de l’accord de gouvernement. Celui-ci mise notamment sur la responsabilisation de toutes les parties, encourage une politique active en matière d’absentéisme, entend réformer les trajets de réinsertion et garde un bon moyen de pression avec la prolongation de la cotisation patronale à l’INAMI. Le bien-être, la charge de travail et le maintien d’un bon équilibre entre vie privée et vie professionnelle sont une responsabilité partagée, à laquelle l’employeur et le travailleur doivent s’atteler ensemble et en temps opportun. »
À propos des chiffres
Les données sont issues de l’enquête miroir annuelle qu’Acerta Consult fait réaliser par le bureau d’études Indiville auprès d’un échantillon représentatif composé de plus de 500 employeurs et de 2000 travailleurs. Les données des entreprises ont été pondérées pour être représentatives de la Belgique quant au nombre de travailleurs dans les entreprises actives d’au moins 5 travailleurs. Les données des travailleurs ont également été pondérées afin d’être représentatives de la Belgique en termes de statut, d’âge, de sexe, de langue et de secteur.
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Veuillez contacter Acerta – Sylva De Craecker